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LE TRIATHLON LE PLUS FOU DU MONDE !
Le 22 juin 2008

L’IronMan de Nice en quelques mots

L’Ironman France aura lieu le 22 juin 2008 à Nice et dans l’arrière-pays niçois. 2500 participants, nombre record à ce triathlon longue distance, enchaîneront 3.8km de natation, 180km de cyclisme et 42.195km de course à pied. L’événement distribuera 50 places qualificatives pour le Championnat du Monde Ironman à Hawaii.

Le coup de départ sera donné à 6h30 sur la plage de Nice. Les athlètes devront terminer l’épreuve en un temps limite de 16h00. Les meilleurs arriveront après 8 heures de triathlon alors que les derniers arriveront à 22h30, juste dans le temps limite. L’arrivée se situera sur la célèbre Promenade des Anglais, où nombre d’animateurs et de DJs mettront beaucoup d’ambiance pour les athlètes et les 70.000 spectateurs présents tout au long de la journée. 

99% d’athlètes sont des athlètes groupe d’âge et seulement une faible portion sont des athlètes professionnels. Les athlètes sont âgés de 19 à 70 ans, l’athlète moyen ayant 38 ans. Huit pour cent d’athlètes sont des femmes. A l’Ironman France, chaque athlète terminant un Ironman est célébré comme un héros, quelque soit sa performance.

Nice est devenu la ville accueillant l’Ironman France en 2005. Avec un long passé historique avec le Triathlon International de Nice, que l’Ironman France a remplacé, la ville de Nice a toujours été attachée au sport en général, et au triathlon en particulier.

Aujourd’hui, après trois éditions seulement, l’Ironman France est devenu un des plus grands triathlons du monde attirant 2500 athlètes venant de plus de 50 pays différents. Après la France avec plus d’un tiers des participants, les nationalités les plus représentées sont la Grande Bretagne, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

L’Ironman France fait partie de la série internationale des Ironman, sanctionnée par la WTC (World Triathlon Corporation. Il existe 21 Ironman, tous offrant des places qualificatives pour le Championnat du Monde Ironman au mois d’octobre à Hawaii.

Moi : Florian BURON

1,87m
70kg
Numéro de dossard 396 sur cet Ironman
3 ans de triathlon dont 7 mois d’entraînement spécifique en vue de cette épreuve
3800km de vélo au compteur
120km de natation
Pas mal d’heure de course à pieds !

Ma Performance

Nice le 22 juin 2008,

4h20 : Le portable sonne, il est temps de se lever…8 mois que j’attends de me lever à cette heure, à cet endroit. Pendant mon petit déj’ je repense à toutes ses heures d’entraînement, de grasse mat’ zappé, de souffrance physique, d’engueulade avec ma chérie pour aller faire du sport… Bref pas mal de galère pour en arriver là.

J’essaie d’avaler mon gâteau sport (fait avec amour au micro-onde ! ) mais ça a un peu de mal à passer, le stress peut-être…

5h00 : Flute, il était prévu de partir tous ensemble avec les autres participants de mon club de triathlon et je suis pas encore prêt….j’ai loupé le rendez-vous …

5h15 : On quitte l’hôtel pour aller sur la fameuse promenade des Anglais. Il y a encore pas mal de monde dans les rues de Nice à cause de la fête de la musique qui, on peut le dire, nous a pourri une bonne partie de la nuit.

5h30 : J’arrive au parc à vélo, première mission, récupérer une pompe à vélo afin de regonfler mes pneus, que j’ai dégonflé hier quand j’ai laissé mon vélo au parc à vélo pour éviter qu’ils n’éclatent à cause de la chaleur). A priori certains n’ont pas été aussi malins et sont en train de changer leurs pneus. Je repère un triathlète étranger qui en a une. Avec un peu de baragouinage et quelques mimes, il me prête sa pompe. C’est bon, tout est OK, ma première crainte est passée.

Je commence à croiser les copains du club : Greg, Ludo puis Jacques, Cyril, Olivier, tous souriants mais concentrés. Fabrice (Fafa pour les intimes) est là. Stéphane est prêt à en découdre et le Gilles prêt à relever le défi. Didier, Nicolas,  Franck, Laurent, Yann, Maxence sont là aussi ainsi que les filles qui stressent pas mal !

6h10 : J’enfile ma combi, rigole un peu avec les collègues et commence à m’avancer tout doucement vers les sas de départ de la natation. Un petit bisou à ma chérie et c’est parti. Je choisi le sas –1h14 tout comme Ludo et Cyril.

6h29 : Le speaker est au taquet, il met une sacrée ambiance. Il demande au DJ de passer la musique « No stress » de Laurent Wolf, musique de circonstance n’est-ce pas ?

6h30 : PAN, c’est parti !!! On rentre délicatement dans l’eau qui est super bonne. C’est un peu le bazar mais je gère. J’ai déjà perdu de vue Ludo mais je me trouve juste à droite de Cyril. Je nage avec lui pendant les 1000 premiers mètres puis les coups commencent à pleuvoir. Je m’extirpe comme je peux de la première bouée et me voilà maintenant « seul ». J’arrive à accrocher un groupe qui nage un bon rythme pour moi alors tout baigne ! Les 2400m se terminent vite, sortie à l’australienne sous les encouragements du public et c’est reparti pour 1400m de natation autour des 2 dernières bouées. Je suis super content, les gens nous encouragent, crient, c’est trop fort ! Je continue ma nage, tout se déroule bien mis à part une douleur à la nuque qui commence à me faire mal, à chaque fois que je tourne la tête : ma combinaison frotte…

Après 2, 3 tasses et quelques coups, je sors de l’eau en 1h12min34sec. Génial !!!
Honnêtement, je ne pensais pas réussir à faire un temps comme ça… Bref, je m’endors pas et cours jusqu'à la première transition.
Sur le chemin je croise Yann qui est en train de lutter pour trouver le cordon de sa combinaison, je lui file un coup de main. Il me dit que Laurent est aussi dans le coin !

7h45 : Je récupère mon sac et me change au côté de Laurent. Je prends mon temps et les passants ont eu le temps d’admirer notre anatomie en détail !!! Laurent part avant moi et me souhaite bonne chance…c’est vrai que je vais en avoir besoin !!!

Il fait super chaud. Je file jusqu’à mon vélo en cherchant ma chérie. Elle est là, elle m’encourage ça me fait du bien de l’entendre. Je croise Stéphane dans le parc et on démarre le vélo ensemble. J’arrive à le suivre 20m et c’est tout… le bonhomme part comme une balle !

Tant pis, je décide de ne pas m’enflammer et de gérer. Je prends un gel et roule tout de même à 35-36km/h. Des missiles me déposent, ils roulent au moins à 45km/h !

La fameuse côte de 12% tant redoutée arrive et là c’est le carnage. On se retrouve au moins à 60 dans la montée. Certains gars luttent tellement qu’ils en arrivent au point de poser le pied à terre. Pour moi ça se passe plutôt pas mal mais ce n’est pas évident de se frayer un chemin parmi tous ces vélos.

Quelques kilomètres plus loin, je rejoins Yann qui est en difficulté. J’attaque le col de l’Ecre et la chaleur me plombe un peu, mais mes jambes tournent : c’est le principal !
J’arrive en haut du col. Je jette tous mes bidons et passe devant le ravito…Et mince, c’est le ravito perso et pas de bidons à récupérer !!! Je suis dans la mouise là… Je décide tout de même de manger mon sandwich mais j’ai un peu de mal à le faire passer… A ce moment là, je n’ai plus trop de power, je subis la course pendant quelques kilomètres et là qui je vois ti pas ! Jacquot dit Jack Bauer !!!! Il tombe bien lui dit donc ! Je lui taxe quelques gorgées et je laisse partir car je n’ai toujours pas récupérer de ce contre coup.

Les kilomètres défilent. J’ai quelques petits coups de mous. Une pause pipi… mais dans l’ensemble ça se passe bien, je ne vais pas me plaindre.

J’arrive sur la promenade et croise les supportrices de mon club : le CYT (Club Yerrois de Triathlon), et Bruno qui nous encouragent, ça fait du bien. Je boucle le vélo en 6h46.

14h35 : Je récupère mon sac transition pour me changer et débuter le marathon. Une bénévole m’aide et me met de la crème solaire. Super sympa !

C’est partit pour 42.2km. La chaleur est pesante mais il faut y aller. De suite, je croise Gilles qui a déjà un tour d’avance sur moi. Je le double rapidement et là j’entends « hé ho mon petit gars t’enflamme pas tu vas péter ». Il a raison je cours trop vite, je ralentis et cours avec lui. Petit à petit je le laisse partir car il va un peu trop vite pour moi.

Le premier tour se fait plutôt bien, je récupère le chouchou prouvant que j’ai fait le premier tour et enquille le deuxième. Je m’alimente et m’hydrate comme il faut mais c’est dur. Je croise quasiment tout le monde, ça fait du bien de s’encourager. Ma chérie cours un peu avec moi et ça me motive pour continuer.

J’arrive au 16 ème kilomètre et là c’est la lutte. La chaleur m’assomme (jusqu’à 40°) et je n’ai plus de force pour courir ni m’alimenter. Je me mets à marcher quelques mètres et je recours…puis je me remets à marcher plus longtemps et j’ai beaucoup de mal à recourir derrière. Ca y est le calvaire commence. Sur le 2ème semi, je passe plus de temps à marcher que courir. Je parcours cette deuxième partie avec mon compagnon de galère Cyril. Le pauvre il est cuit, je le passe, il me passe et ça va être le même cinéma pendant quasiment 15km.

Dans la dernière boucle, on croise Stéphanie (une des dernières recrue du club) qui doit être à environ 2km derrière nous. Je ne vais quand même pas la laisser me doubler !!! Ca me rebooste et je décide de courir jusqu’à la fin de la course.

20h05 : Plus que quelques centaines de mètres…j’aperçois au loin la banderole Finisher. Le public continue, comme il l’a fait tout le long de ce marathon, à m’encourager. C’est génial, je ne cours plus, je vole ! J’oublie les 5h19 de marathon qui m’ont épuisé! J’arrive sur le tapis bleu de l’arrivée. Des bras se tendent et je tape dans les mains comme une star ! Je cherche ma chérie mais ne la trouve pas,  il y a trop de monde. Je passe enfin cette ligne d’arrivée, ça y est je suis FINISHER. Les flashs crépitent !!! On me donne cette fichue médaille que je voulais tant et qui trône désormais sur ma table de nuit. C’est fini, j’ai réussi !!!

J’ai fini et j’ai besoin d’un bon massage pour décontracter mes jambes qui arrivent tout juste à me porter. Il est maintenant temps de se reposer et de récupérer.

13h34min57sec sera mon temps final. Mon objectif de –14h est atteint et je suis heureux.

Ce fut vraiment une expérience extraordinaire qui malgré la souffrance m’a permis de dépasser mes limites.
Tout cela a été possible grâce à toutes les personnes du club et à la bonne ambiance qu’ils ont fait  régner tout au long de cette année d’entrainement intensif, ainsi qu’à mon sponsor Aexis qui m’a soutenue dans ce projet et m’a ainsi permis de réussir mon challenge.
Je n’oublie pas aussi ma chérie Céline qui m’a soutenu tout au long de mon entrainement.
Alors un grand merci à tous !!!!

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